Théorie : Le rôle et fonction de l’animateur/trice

Sujets : Vision de l'animation
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Regarder avec un peu de recul le rôle et la fonction de l’animateur/trice d’un groupe biblique, en rapport avec les personnes, l’espace et le temps.


Le rôle de l’animateur/trice

Il existe une grande diversité de rôles dans la vie sociale. Les jeunes enfants qui jouent ensemble se distribuent souvent des rôles. Ils choisissent ceux qu’ils connaissent bien : papa, maman, le docteur, l’instituteur…Dans leurs relations les uns avec les autres, les adultes jouent aussi des rôles plus ou moins spontanément et plus ou moins consciemment.

Dans un groupe de lecteurs de la Bible, l’animateur joue un rôle spécifique. Il tient à sa disposition – ou imagine – des méthodes d’animation que l’on peut assimiler à des jeux. Ces méthodes permettent d’accomplir une tâche tout en facilitant les relations entre les membres du groupe.

Tout rôle suscite un contre-rôle. Dans un groupe biblique, lorsque l’animateur se comporte comme un professeur, les membres du groupe adoptent le contre-rôle d’élèves. Pour que chaque membre du groupe joue son rôle de lecteur attentif au texte, l’animateur joue le sien : il favorise des dialogues respectueux et constructifs entre le groupe et le texte, ainsi qu’entre les membres du groupe. L’animateur est un meneur de jeu qui suscite la participation active de chacun. C’est quand l’animateur et le groupe reconnaissent mutuellement leur rôle que l’animation biblique peut atteindre son objectif.

Contexte

L’animateur prend en compte l’identité et la réputation des personnes et du groupe, et il n’oublie pas qu’il est lui-même porteur d’une identité et d’une réputation.

Par exemple : Lorsqu’un animateur n’a pas fait d’études supérieures et intervient dans un groupe de personnes ayant un bagage universitaire, cela peut susciter du malaise. Il est important d’en prendre conscience pour se préparer tranquillement à la situation.

L’animateur tient compte du contexte socioculturel où il intervient pour atteindre l’objectif de l’animation biblique.

Par exemple : dans certains milieux ecclésiaux, l’étude d’un texte biblique ne peut avoir lieu que par l’enseignement magistral. Dans ce contexte-là, l’animateur biblique prend le temps de présenter son rôle et d’expliquer le sens de la démarche de la lecture en groupe.

Espace

L’animateur réfléchit à la configuration de l’espace. Il importe que celui-ci soit le plus adapté possible aux rôles que les participants et lui-même sont appelés à jouer. En effet les rôles de chacun dépendent en partie de la configuration et de l’occupation de l’espace.

Par exemple : Les mêmes personnes n’adoptent pas la même attitude suivant qu’elles sont disposées en rangs ou en cercle. La présence de tables modifie également l’attitude des membres d’un groupe.

La fonction de l’animateur/trice

Par rapport au rôle qui est de l’ordre de l’être, la fonction est de l’ordre du faire. Elle suppose l’apprentissage et l’utilisation d’outils et de techniques et d’un savoir-faire.

La fonction de l’animateur s’articule avec son rôle. Elle consiste à :

  • Stimuler la vie du groupe
  • Donner à chacun sa place.

L’animateur est attentif à tout ce qui facilite le bien-être du groupe et à la qualité des échanges. Il intervient pour aider chacun à s’exprimer, pour éviter qu’une ou deux personnes prennent toute la place. Il régule les échanges quand plusieurs personnes prennent la parole en même temps et invite à l’écoute quand des points de vue divergents s’expriment.

L’animateur fait respecter la règle du jeu et sait passer de l’attitude directive à l’attitude non-directive.

Par exemple : pour tout ce qui relève du début et de la fin de la séance il faut être directif.

Gérer le temps

Pour maintenir le groupe dans son élan, l’animateur définit le rythme de travail et prévoit des phases de transition et de respiration.

Les circonstances (week-end, soirée, camp, etc.) permettent plus ou moins de souplesse, mais il est toujours nécessaire de respecter l’horaire de début et de fin de séance.

Définir les objectifs

Définir un ou des objectifs permet de canaliser l’énergie du groupe et de choisir des outils adéquats.

Par exemple : si l’objectif est de susciter la curiosité pour un texte, l’animateur choisit une méthode adaptée à cet objectif, comme Trou de mémoire ou Imaginer la suite, etc.

Trouver des ressources

L’animateur doit savoir où et comment trouver les connaissances bibliques et théologiques nécessaires à la compréhension du texte choisi (personnes ressources, livres, revues, sites internet, etc.).

Organiser l’espace

L’animateur doit veiller à tout ce qui peut favoriser les relations entre les participants et soutenir le groupe dans la réalisation de sa tâche (disposition des sièges, chauffage, éclairage, etc.).

Il doit prévoir les outils adéquats pour l’animation proposée (paperboard, feutres, etc.).

Distance et relecture

L’animateur doit garder une certaine distance par rapport au groupe pour être en mesure de l’observer selon les axes suivants :

  • la circulation de la parole
  • le rapport à la tâche à accomplir (est-on bien dans le texte ou le thème ?)
  • l’atmosphère (elle peut être terne, joyeuse, bruyante, etc.)
  • son attitude en tant qu’animateur (est-il trop ou pas assez directif ?)
  • Après la séance, l’animateur, seul ou avec le groupe, prend le temps de relire l’expérience pour :
  • évaluer le déroulement de la séance, les comportements (et non les personnes)
  • si les objectifs définis n’ont pas été atteints, se demander pourquoi
  • prendre en compte ce que l’animateur et le groupe ont ressenti

Pour mener à bien cette relecture, des fiches d’évaluation sont disponibles.

NB La fonction d’animation peut être tenue par une équipe de deux ou plusieurs personnes pour la rendre à la fois plus facile à assumer et plus efficace. L’expérience montre qu’il est alors précieux de prévoir une répartition des tâches entre les membres de l’équipe et une préparation en commun de l’animation.

Bibliographie :

Roger MUCCHIELLI, La dynamique des groupes, Paris : Éditions ESF, 1977
Henri MENDRAS, Éléments de sociologie, Paris : Armand Colin, 1989