Théorie : Vie et mort d’un groupe

Sujets : Gestion de groupe
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Un groupe, quel qu’il soit, naît à l’occasion de circonstances particulières, vit plus ou moins longtemps et finit par mourir. L’animateur/trice doit être conscient de l’état du groupe qu’il anime et de ce qui joue en faveur de la vie de celui-ci ou en sa défaveur.


La vie du groupe

La vie du groupe dépend de la convivialité qui y règne ainsi que de l’intérêt que ses membres ont pour ce qu’ils font ensemble. Un certain nombre d’éléments conditionnent son bon état et fonctionnement :

  • un moment et un lieu qui conviennent à tous
  • une activité que tous aient envie de faire et à laquelle tous puissent prendre part
  • une place pour chacun
  • un minimum de tolérance
  • de l’inattendu, du nouveau pour éviter la routine
  • un contrat défini et tenu (horaires, objectif, circulation de la parole, etc.)

Au début de la vie d’un groupe, tout est nouveau. Le groupe passe par des phases d’idéalisation puis de dés-idéalisation avant d’arriver à la maturité, comme pour toute relation humaine.

Le rôle de l’animateur consiste à canaliser les forces qui pourraient détruire la vie du groupe. Pour ce faire l’animateur doit être attentif aux paramètres suivants et apprendre à les gérer :

  • Conditions de rassemblement : le lieu et le moment peuvent permettre à la vie du groupe de s’épanouir ou au contraire peuvent l’étouffer.
  • Activités bien choisies en fonction de l’objectif et bien comprises
  • L’écoute : la qualité de la vie d’un groupe dépend en grande partie de la qualité de l’écoute de chacun
  • Méthodes d’animation : il faut puiser dans un choix de méthodes pour que l’animation soit adaptée au projet et pour éviter la routine
  • La durée de vie : elle doit être limitée, évoquée, réfléchie en groupe en fonction de l’objectif défini.

Le développement de la maturité des groupes

La maturité d’un groupe ne vient pas ipso facto de la maturité personnelle de chacun de ses membres – elle se construit par étapes :

  • étape 1 : établissement de la sécurité dans la situation nouvelle. La nouveauté génère un sentiment d’insécurité et chaque membre essaie de s’assurer une sécurité personnelle en se servant de son masque social (le rôle) et de ses références propres, avant même de chercher à connaître ses partenaires.
  • étape 2 : établissement de la sécurité dans la confiance interpersonnelle. Les personnes tentent de parvenir à un degré de connaissance interpersonnelle suffisant et nécessaire pour travailler ensemble. La sincérité et l’authenticité sont recherchées.
  • étape 3 : développement de la participation. On observe une détente perceptible dont le symptôme typique est la recherche de l’unanimité. Tout se passe comme si l’expression d’un « pas d’accord » remet en question un pacte de base. De nombreuses concessions mutuelles s’établissent, chaque participant se « rangeant » à la majorité. Le groupe se prend pour un « bon groupe » mais il peut encore gagner en maturité.
  • étape 4 : structuration d’un groupe. A cette étape, le groupe est capable de travailler sans que l’affrontement des opinions ne signifie un échec. Le groupe ressent un besoin de structure et de redéfinition des objectifs ; il prend conscience de sa situation, de ses contraintes, de sa marge de liberté et de ses rapports avec les structures extérieures. Cette conscience de soi engage le groupe vers le stade suivant…
  • étape 5 : Auto–régulation du fonctionnement du groupe. Autonome, capable de se rendre lui-même en charge, le groupe intègre implicitement sa progression, contrôle son fonctionnement, règle ses tensions et les incidents qui surgissent et agit de manière concertée pour modifier la situation.

On remarque cependant que beaucoup de groupes n’atteignent pas ce niveau de maturité et ne dépassent pas certains stades du développement. Ils peuvent mourir avant d’arriver à la maturité par son incapacité à passer au stade suivant, ou bien quand les éléments nécessaires à sa raison d’être ne sont plus réunis.