- Découvrir la différence entre le rôle et la fonction d’animateur ou animatrice biblique
- Comprendre et intégrer les éléments à observer et à mettre en place pour le bon déroulement de l’animation biblique
Le rôle d’animateur/trice
Dans un groupe de lecteurs et de lectrices de la Bible, l’animateur ou l’animatrice joue un rôle spécifique qui doit favoriser les objectifs et les particularités de l’animation au service du texte biblique et du groupe.
Contre-rôle
Dans un groupe biblique, lorsqu’en tant qu’animateur ou animatrice, on se comporte comme un professeur, les membres du groupe adoptent le contre-rôle d’élèves.
Mais pour que chaque membre du groupe joue son rôle de lecteur attentif au texte, on doit jouer le sien en favorisant des dialogues respectueux et constructifs entre le groupe et le texte, ainsi qu’entre les membres du groupe.
Cela est possible en tenant à sa disposition des méthodes d’animation que l’on peut assimiler à des jeux. Ces méthodes permettent d’accomplir une tâche tout en facilitant les relations entre les membres du groupe et entre le texte et eux-mêmes.
Le rôle d’animateur ou d’animatrice est celui d’un meneur de jeu qui suscite la participation active de chacun et chacune. C’est quand l’animateur ou l’animatrice et le groupe reconnaissent mutuellement leur rôle que l’animation biblique peut atteindre son objectif.
Contextes
Il est important de prendre en compte l’identité et la réputation des personnes et du groupe, et de ne pas oublier qu’on est soi-même porteur d’une identité et d’une réputation.
Par exemple : lorsqu’on n’a pas fait d’études supérieures et qu’on intervient dans un groupe de personnes ayant un bagage universitaire, cela peut susciter du malaise. Il est important d’en prendre conscience pour se préparer tranquillement à la situation.
Il est aussi important de tenir compte du contexte socioculturel où on intervient pour atteindre l’objectif de l’animation biblique.
Par exemple : dans certains milieux ecclésiaux, l’étude d’un texte biblique ne peut avoir lieu que par l’enseignement magistral. Dans ce contexte-là, l’animateur biblique prend le temps de présenter son rôle et d’expliquer le sens de la démarche d’une animation biblique en groupe.
Espace
Réfléchir à la configuration de l’espace pour qu’il soit le plus adapté possible aux rôles que les participants et lui-même sont appelés à jouer afin de remplir l’objectif de l’animation. En effet les rôles de chacun dépendent en partie de la configuration et de l’occupation de l’espace.
Par exemple : les mêmes personnes n’adoptent pas la même attitude suivant qu’elles sont disposées en rangs ou en cercle. La présence de tables modifie également l’attitude des membres d’un groupe.
La fonction de l’animateur/trice
Par rapport au rôle qui est de l’ordre du savoir-être, la fonction est de l’ordre du savoir–faire. Elle suppose l’apprentissage et l’utilisation d’outils et de techniques.
La fonction s’articule avec le rôle. Elle consiste à :
- stimuler la vie du groupe,
- donner à chacun et chacune sa place.
Soin du groupe
Cela implique de prêter attention à tout ce qui facilite le bien-être du groupe et à la qualité des échanges. On intervient pour aider les personnes à s’exprimer et pour éviter qu’une ou deux personnes monopolisent la parole.
On régule les échanges quand plusieurs personnes prennent la parole en même temps et on invite à l’écoute quand des points de vue divergent.
On fait respecter la règle du jeu et on sait passer d’une attitude directive à une attitude non-directive.
Par exemple : pour tout ce qui relève du début et de la fin de la séance il faut être directif.
Gérer le temps
Pour maintenir le groupe dans son élan, définir le rythme de travail et prévoir des phases de transition et de respiration.
Les circonstances (week-end, soirée, camp, etc.) permettent plus ou moins de souplesse, mais il est toujours nécessaire de respecter un horaire de début et de fin de séance.
Définir les objectifs
Définir un ou plusieurs objectifs permet de canaliser l’énergie du groupe et de choisir des outils adéquats.
Par exemple : si l’objectif est de susciter la curiosité pour un texte, choisir une méthode adaptée à cet objectif, comme Trou de mémoire ou Imaginer la suite, etc.
Trouver des ressources
Il faut savoir où et comment trouver les connaissances bibliques et théologiques nécessaires à la compréhension et l’analyse du texte choisi, selon le niveau de difficulté de celui-ci (personnes ressources, livres, revues, sites internet, etc.).
Gérer les aspects pratiques
Veiller à tout ce qui peut favoriser les relations entre les participants et soutenir le groupe dans la réalisation de sa tâche (disposition des sièges et des tables, chauffage, éclairage, etc.) et prévoir les outils adéquats pour l’animation proposée (paperboard, feutres, impressions, etc.).
Distance et relecture
Il est crucial de garder une certaine distance sur le groupe pour être en mesure d’observer les axes suivants :
- la circulation de la parole
- le rapport à la tâche à accomplir (est-on bien dans le texte ou le thème ?)
- l’atmosphère (elle peut être terne, joyeuse, bruyante, etc.)
- sa posture en tant qu’animateur ou animatrice (trop ou pas assez directive ?)
Après la séance, seul/e ou avec le groupe, prendre le temps de relire l’expérience pour :
- évaluer le déroulement de la séance et les comportements (et non les personnes)
- si les objectifs définis n’ont pas été atteints, se demander pourquoi
- prendre en compte ce que l’animateur, ou l’animatrice, et le groupe ont ressenti
Faire équipe
La fonction d’animation peut être tenue par une équipe de deux ou plusieurs personnes pour la rendre à la fois plus facile à assumer et plus efficace.
L’expérience montre qu’il est alors précieux de prévoir une répartition des tâches entre les membres de l’équipe d’animation et une préparation en commun.
Ressources complémentaires
Roger MUCCHIELLI, La dynamique des groupes, Paris : Éditions ESF, 1977
Henri MENDRAS, Éléments de sociologie, Paris : Armand Colin, 1989
