Quelle traduction de la Bible choisir ?

Toutes les traductions de la Bible aujourd’hui sont sérieuses et fiables, mais il existe différents types de traduction selon le public visé : on choisira la traduction pour un temps d’animation biblique en fonction des méthodes proposées et de la composition du groupe.

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Types de traductions de la Bible

Il existe plusieurs types de traductions de la Bible. Ces types se distinguent selon la méthode de traduction utilisée et répondent à des objectifs précis selon le public destinataire et l’usage pour lequel la traduction est prévue.

Quelle tradition, quelle approche ?

Les traductions peuvent se situer dans une tradition confessionnelle, c’est-à-dire être réalisées par et pour des protestants (La Bible Segond…) ou des catholiques (La Bible de Jérusalem, la Traduction officielle liturgique…) ou être œcuméniques (La Traduction œcuménique de la Bible…). Certaines traductions peuvent exister en trois éditions : catholique, œcuménique, protestante, selon l’ordre adopté pour les livres de l’Ancien Testament et leur nombre.

Stratégies de traduction

La traduction peut être le plus proche possible, dans sa forme, du texte original – c’est une traduction littérale appelée traduction à équivalence formelle, ou le plus proche possible de la langue des lecteurs – c’est une traduction en langue courante appelée traduction à équivalence dynamique.

Bien lire : outils et révisions

Une traduction spécifique de la Bible peut être accompagnée d’outils conçus pour une étude approfondie des textes ou d’un matériel favorisant une première lecture et une première étude. Une même traduction du texte peut connaître plusieurs éditions.

Au bout d’un certain temps, les traductions sont révisées. Cela est nécessaire parce que les sociétés, les cultures et les langues évoluent et, dans le même temps, la recherche biblique apporte de nouvelles informations et de nouveaux éclairages.


Principales versions françaises actuelles

La version Segond (Sg) est liée à la tradition protestante. De 1880 à nos jours, elle a connu un certain nombre d’éditions et de révisions. L’intention de traduction est d’être aussi près que possible des textes hébreu et grec.

Les plus récentes révisions sont de 2002 (Nouvelle Bible Segond ou NBS) et de 2007 (Segond 21). Ces deux versions existent en plusieurs éditions, avec ou sans notes, dont des Bibles d’étude avec beaucoup de matériel de travail (introductions, notes, tableaux, documents, concordance…).

La Bible de Jérusalem (BJ) est liée à la tradition catholique et à la recherche menée par l’École biblique de Jérusalem. Sa dernière révision date de 1998. Elle connaît plusieurs éditions (d’étude avec notes complètes, sans notes…). L’ordre des livres de l’Ancien Testament est celui de la Septante.

La Bible : traduction officielle liturgique (TOL), publiée en 2013, est destinée à la proclamation publique dans l’Église catholique. Elle est le fruit de longues années de travail par soixante-dix spécialistes.

La Traduction Œcuménique de la Bible (TOB), parue pour la première fois en 1975, est la première version résultant d’une collaboration entre spécialistes protestants et catholiques. Elle a été révisée partiellement en 2004 et 2010. Quelques caractéristiques :

  • la dernière révision de 2010 a incorporé six livres deutérocanoniques supplémentaires reçus par les orthodoxes,
  • les livres de l’Ancien Testament sont proposés dans l’ordre du canon juif,
  • les livres deutérocanoniques sont placés entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

La TOB existe dans deux éditions, avec notes et introductions intégrales et avec notes et introductions essentielles.

La Bible en Français Courant (BFC) et la Bible du Semeur utilisent la méthode de traduction par équivalence dynamique, qui favorise la compréhension dans la langue maternelle du lectorat. La construction des phrases et le vocabulaire employé appartiennent au français parlé et compris par le plus grand nombre.

La BFC est la traduction utilisée pour la Bible des jeunes, ZeBible, (qui est une édition interconfessionnelle avec les deutérocanoniques) et La Bible expliquée (qui existe en deux éditions, avec et sans deutérocanoniques).

La Bible du Semeur est produite et conçue par et pour des protestants évangéliques : une édition d’étude avec des introductions et des notes développées est parue en 2001.

La Bible Parole de Vie (PDV) utilise la même méthode de traduction que la BFC, mais elle emploie un niveau de langue appelé le français fondamental avec un vocabulaire usuel, une syntaxe simple, et proche de la vie de tous les jours. Elle existe en trois éditions : catholique, interconfessionnelle et protestante, selon l’ordre adopté pour les livres de l’Ancien Testament et leur nombre.


Quelle traduction choisir pour un groupe d’animation biblique ?

Pour favoriser la lecture en groupe d’un même texte, mieux vaut suivre une traduction commune. Cela permet de se concentrer sur le texte sans s’éparpiller.

Il est recommandé de photocopier le texte pour chaque participant avec éventuellement quelques notes. Ainsi :

  • chacun et chacune lit le même texte,
  • le texte se trouve en entier sur une même feuille ce qui évite de tourner une page,
  • les participants peuvent souligner et annoter le texte, noter des questions en marge, etc.

Le choix de la traduction que le groupe va lire dépend de la composition du groupe, du texte lu et des objectifs de l’animation prévue :

  • Lorsque l’animation renvoie les participants aux détails du texte (vocabulaire, verbes, etc.) mieux vaut choisir une traduction à équivalence formelle, qui reste proche de l’original. Mais si l’objectif de l’animation est le passage du texte à la vie actuelle des participants, le choix se portera sur une traduction à équivalence dynamique.
  • Lorsque le groupe est homogène dans son identité confessionnelle, la traduction choisie pourra être celle dans laquelle les participants ont l’habitude de lire (ou au contraire une traduction nouvelle pour tous).
  • Lorsque le groupe est homogène dans une de ses caractéristiques (groupe de jeunes, groupe de nouveaux lecteurs et lectrices, etc.), le choix de la traduction doit tenir compte à la fois du public visé et des objectifs de l’animation.
  • Lorsque le groupe est mélangé, on peut choisir une traduction interconfessionnelle ou favoriser ou non telle ou telle composante du groupe.

Lire dans une traduction commune n’implique pas d’ignorer la pluralité des traductions. Dans la mesure du possible, en préparant l’animation d’un groupe biblique, on consulte plusieurs versions, en apprécie les différences. De cette façon on se prépare aux questions posées par tel ou tel participant sur la traduction. En effet, des lecteurs et lectrices qui sont familiers d’une traduction peuvent être perturbés à la lecture d’une autre. Même si on n’a pas de réponse sur un point technique précis, il peut indiquer de façon générale pourquoi il existe des traductions différentes.

Les questions de traduction ne doivent pas prendre trop de place dans la séance à moins qu’elles ne soient un des éléments de l’animation.


Ressources complémentaires

Pour plus d’informations sur les traductions de la Bible en français :

Jean-Marie AUWERS et collaborateurs, « La Bible en français, Guide des traductions courantes », Lumen Vitae 11/12, Bruxelles, 2002

Sur le problème de la traduction :

Paul RICOEUR, Sur la traduction, Bayard, 2004