
Le deuil, la perte, des sujets difficiles mais importants à aborder. Par le biais de l’imagination, découvrez une façon de s’y plonger, pas à pas, dans une optique d’écoute et d’accueil.
Proposer au groupe de déambuler dans l’espace en se connectant à leurs ressentis. Ils et elles peuvent concentrer leur attention sur cette question : « Dans quel état j’arrive dans cette animation… ? »
Plusieurs ressentis peuvent se côtoyer : de la curiosité, de l’inquiétude, de la réjouissance… Chacun et chacune répond pour soi-même dans sa tête.
Rencontrer l’autre
Après 30 secondes en silence, proposer au groupe de se connecter avec les autres membres du groupe : on essaie de maintenir le regard pendant 2-3 secondes avec chaque personne croisée.
Après 1 minute, les membres du groupe sont invités à serrer les mains des personnes qu’ils rencontrent. On peut serrer plusieurs fois la main d’une même personne, le but est que cela s’enchaîne comme un jeu.
Après 30 secondes, cette fois on ne peut lâcher la main qu’on tient seulement lorsqu’on a saisi la main d’une autre personne.
Il est possible de donner ce conseil : on remarque que pour que le jeu fonctionne, il importe de changer souvent de main, ce qui pousse à oublier la gêne au profit du plaisir de jouer ensemble.
Après une phase d’expérimentation d’environ 2-3 min, demander au groupe ses retours sur ce jeu :
Cette dernière question qui amène à la question, de l’abandon, de la perte, crée la transition vers l’entrée en matière.
Demander au groupe de faire deux lignes qui se font face. Les personnes qui sont les unes en face des autres forment alors des binômes.
Puis donner les consignes suivantes :
Après les 2 minutes du premier partage, encourager la première personne du binôme qui a parlé de remercier son ou sa partenaire pour son écoute par un mot ou un geste de son choix.
Les rôles sont inversés, la personne qui écoute parle à partir de la même question.
Après les 2 minutes du second partage, encourager la deuxième personne du binôme qui a parlé de remercier son ou sa partenaire pour son écoute par un mot ou un geste de son choix.
Rassembler le groupe en cercle et demander : « Quels personnages de la Bible ont expérimenté la perte ? »
Il importe d’entendre toutes les réponses en tant que telles avant d’enchaîner avec quelques éléments de contexte :
« Le personnage dont nous allons entendre l’histoire est Job. Son livre nous raconte l’histoire d’un homme intègre et pratiquant dont la vie est prospère. L’Adversaire met alors en doute la fidélité de Job en proposant à Dieu de lui faire vivre la perte de ce qu’il a de plus cher. Il parie qu’alors il maudira Dieu. Ce dernier lui dit alors : « Soit. ! Tu as pouvoir sur tout ce que Job possède, mais tu ne porteras la main sur lui. »
Lire le texte de Job 1.13-19.
Imaginer la suite (15 min)
Distribuer la visite guidée qui contient le texte de Job et un stylo par personne.
Proposer au groupe de chercher à imaginer la suite du texte.
Cette écriture peut être faite à plusieurs ou individuellement, à vous de choisir en toute liberté.
Il y aura un temps pour écouter les récits de ceux et celles qui le souhaitent sans obligation. Les membres du groupe se répartissent librement dans la salle pour cette étape.
Restitution (10 min)
Une fois le temps écoulé, proposer de faire silence pendant 30 secondes pour faire de la place en soi avant de se mettre à l’écoute des histoires des autres.
La lecture ou la narration des récits se fait sans débats ou discussion mais dans une simple écoute. Remercier à chaque fois le ou les auteurs pour le partage du récit.
Proposer au groupe de partager comment il a vécu cette expérience (le fait d’écrire à plusieurs ou individuellement, d’écouter la diversité des suites possibles, de s’autoriser à écrire une suite qui ne soit pas biblique…).
Lecture de la « vraie suite » (5-10 min)
Lire la vraie suite du texte, des versets 20 à 22. Prendre un temps de silence pour cela.
20 Alors Job se leva, il déchira son manteau, se rasa la tête, puis il se jeta à terre et il se prosterna. 21 Il dit alors : « Je suis sorti nu du ventre de ma mère, nu je retournerai au ventre de la terre. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris. Que le nom du Seigneur soit béni ! » 22 En tout cela, Job ne commit aucune faute ; il ne dit rien d’inconvenant à Dieu.
Le groupe peut alors réagir et échanger : « Qu’est-ce que cette réaction de Job vous évoque ? »
Lecture d’un extrait de la réponse de Dieu (NFC) :
Job 38
1 Du milieu de la tempête, le Seigneur répondit à Job et lui dit : 2 Qui est celui qui rend mes projets obscurs en parlant sans rien y connaître ? 3 Tiens-toi prêt, comme quelqu’un de courageux ; je t’interrogerai, et tu me répondras. 4 Où donc étais-tu quand je fondais la terre ? Renseigne-moi, si tu connais la vérité. 5 Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu ? Ou qui l’a mesurée en tirant le cordeau ? (…) 22 Es-tu déjà allé jusqu’aux dépôts de neige, ou encore, as-tu vu les entrepôts de grêle ? 23 Je les ai réservés pour les temps de détresse, pour les jours de combat et de bataille. 24 Par quel chemin la lumière se diffuse-t-elle, par où le vent d’est se répand-il sur la terre ? (…)
Job 39
1 Connais-tu la saison où naissent les bouquetins des rochers, as-tu vu les biches leur donner le jour ?
2 As-tu compté les mois de leur gestation, sais-tu à quel moment survient la naissance ?
3 Elles se couchent pour mettre bas leurs petits, mettant ainsi fin à leurs douleurs. 4 Grandissant en plein air, leurs petits prennent des forces ; puis ils quittent leur mère, et ils ne reviennent plus.
5 Qui a lâché l’âne sauvage en liberté ? Qui a détaché ses liens ? (…)
Poser cette question au groupe : « Au cœur de la tempête de la vie, comment cette réponse de Dieu résonne en vous ? »
Laisser 5 minutes pour échanger librement sur cette question. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Chacun et chacune parle pour soi-même.
Pour clôturer, proposer aux membres du groupe de choisir un élément de la nature et de partager, ou simplement de se souvenir, ce qu’ils ont reçu de cette animation.
Animation biblique créée et présentée auprès des frères de la communauté de Taizé en février 2022.